Pascal Havet  : «  Je n'avais pas une technique hors norme mais de la combativité   »

 

Formé au Paris Saint Germain et lancé dans le grand bain par George Peyroche dans les années 80, Pascal Havet ne laisse pas de grands souvenirs aux supporters du club rouge et bleu. Avec 10 petites apparitions avec l'équipe première, il quitte très (trop) vite et dans la plus grande discrétion le club de la porte d'Auteuil pour son voisin de la porte de Saint-Ouen. Aujourd'hui gérant d'une agence de communication sportive dans la région d'Angoulême, il revient sur ses années parisiennes.

 

PSG70 : Pascal Havet, pouvez-vous nous expliquer le parcours par lequel vous êtes arrivé au Paris Saint Germain ?

Pascal Havet : J'ai rejoint le Centre de Formation du PSG en 1980. J'étais à l'époque Cadets à Rouen, et lors de la saison 1979/80 nous avons gagné la Coupe de France Cadets avec la sélection de Normandie. J'ai été repéré par plusieurs clubs dont le PSG, comme cela se passe souvent dans ces cas là. J'ai choisi le PSG car il me convenait mieux sur le plan de la proximité avec ma famille. Je suis normand d'origine, né à Louviers dans le département de l'Eure. Et puis Paris ça reste Paris. C'est toujours un rêve lorsqu'on est jeune de signer dans ce genre de club. J'ai passé une première saison en tant qu'aspirant au Centre de Formation avant de signer un contrat stagiaire de trois ans puis d'intégrer l'équipe première lors de la saison 1984/85 sous la direction de George Peyroche. J'ai joué une dizaine de rencontres en championnat et en Coupe d'Europe mais j'ai du quitter le PSG en fin de saison car aucun contrat pro ne m'avait été proposé ».

 

PSG70 : Est-ce un gros regret ?

P.H. : « Il ne faut pas vivre avec des regrets mais oui, je pense que ce fut une énorme déception. J'ai intégré l'équipe première avec plusieurs autres jeunes du Centre de Formation comme Thierry Tinmar ou Thierry Bacconnier à un moment où l'équipe ne tournait pas très bien. C'était mi-octobre, les résultats n'étaient pas fameux et Peyroche a fait appel à nous pour insuffler du sang neuf dans le groupe. Nous avons eu de bons résultats, puis l'équipe a sorti peu à peu la tête de l'eau. Je ne dis pas que l'équipe s'est redressée uniquement grâce aux jeunes, mais disons que nous y avons contribué. Mais lorsque l'équipe s'est remise à tourner, nous sommes peu à peu sortis du groupe. J'ai rendu service au club et mon principal regret est donc de ne pas m'être vu proposé de contrat pro en retour. C'est décevant mais l'important a été pour moi de ne pas sombrer. J'ai su relever la tête en signant immédiatement au Red Star en D2 dont l'entraîneur était Roger Lemaire. J'ai su me mettre en évidence, et au final, quitter le PSG ne fut pas que du négatif. Ce qui manque à ce club encore aujourd'hui sont des gens qui mouillent le maillot comme nous le mouillions à l'époque. Moi je n'avais peut être pas une technique hors norme, mais j'avais des valeurs, notamment celle de la combativité ».

 

PSG70 : Quel est le meilleur souvenir de vos années au PSG ?

P.H. : Mon meilleur souvenir, celui que je retiens en tout premier est le jour où Monsieur Peyroche m'a annoncé que j'allais intégrer l'équipe première. Il est venu me voir dans les vestiaires après un match avec la réserve en D3, c'était contre Metz il me semble et il m'a dit «  Monsieur Havet, demain matin vous venez à l'entraimant avec les pros  ». C'est un souvenir marquant, tout comme celui d'avoir joué mon premier match avec l'équipe première contre Rouen, mon ancien club que j'avais quitté en cadets. Je garde aussi un grand souvenir d'un derby PSG - Matra Racing au Parc des Princes devant 50 000 personnes. Mais au delà de ces matches particuliers, mon grand souvenir au PSG est d'avoir joué avec de grands joueurs comme Fernandez, Dahleb, Rocheteau ou Bathenay. Lorsque l'on a que 20 ans c'est quelque chose qui marque une carrière. Ce sont des sensations difficiles à expliquer aux gens qui ne sont pas des amoureux du football.

 

PSG70 : Vous partez donc au Red Star faute d'avoir pu signer pro au PSG. Quel a été ensuite votre parcours ?

P.H. : « J'ai donc signé au Red Star en D2 pour une saison en 1985. Je n'étais toujours pas pro. Ce fut le cas la saison suivante lorsque j'ai rejoint Lyon. J'y suis resté deux ans avant de rentrer chez moi à Rouen en D2 pendant 7 ans, jusqu'en 1995 et la fin de ma carrière professionnelle. J'ai ensuite joué une saison en amateur à Louviers ma ville natale puis à Angoulême, mais plutôt dans l'optique de préparer ma reconversion, mon après foot. Ma femme est Charentaise, donc nous voulions revenir dans la région. J'ai joué deux ans en National avec Angoulême puis j'ai totalement raccroché les crampons. Je suis resté au club pendant 6 mois comme adjoint de l'entraîneur Eric Guérit avant de tout arrêter. Aujourd'hui et depuis 7 ans, je suis responsable d'une agence de publicité spécialisée dans le sport, le textile et les équipements sportifs à Gond-Pontouvre près d'Angoulême. En parallèle, j'entraîne une petite équipe amateur, le club de Ruelle.

PSG70 : Gardez-vous un il sur les résultats du Paris Saint Germain ?

P.H. : « Bien sur, je ne suis pas insensible à l'actualité du PSG mais aussi de tous mes anciens clubs. Je regarde ce que fait l'OL, le Red Star ou Rouen qui est actuellement deuxième en CFA. Concernant la situation du PSG, je n'ai pas de jugements à porter. L'entraîneur est compétant et le président semble être un homme sain. Il met des choses en place, mais à Paris ce n'est jamais facile. Les gens sont de nature impatiente, et dans tous les domaines. Ils veulent tout et tout de suite. Il faut leur laisser le temps de travailler, être patient et le temps portera ses fruits. Je le pense, et je l'espère sincèrement de tout cur. »

 

PSG70 : Enfin, Pascal Havet, pour conclure, rechaussez vous les crampons de temps à autre ?

P.H. : « Oui, je joue avec les anciens d'Angoulême en vétérans. Cela me permet de garder la forme, de transpirer un peu et d'évacuer toute la pression de la semaine. J'ai un emploi du temps très chargé avec mon travail, donc c'est toujours bon de s'amuser de cette façon et de garder un lien avec le monde du football. Par exemple, là, samedi, nous rencontrons les anciens de Bordeaux, et après le match ils nous invitent à assister à la rencontre Valenciennes - Bordeaux.

 

Propos recueillis et retranscrits par Maxime Pousset pour PSG70.free.fr. Merci à Pascal Havet pour sa disponibilité.

 

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