Interview de Jimmy Algerino

 

Extrait de "PSG70 webzine" numéro 3 - Fevrier 2006

21 Janvier 2006

Jimmy Algerino : « J'aurais du rester plus longtemps au PSG »

 

Jimmy Algerino, l'un des meilleurs defenseurs droit de l'histoire du Paris Saint Germain revient pour PSG70 sur sa carrière en rouge et bleu. Plus grands moments, regrets, mais aussi perspectives d'avenir, il se livre sans retenue.

PSG70 -. Quelle place le Paris SG occupe-t-il dans votre coeur ?

Jimmy Algerino : « Le Paris Saint-Germain reste bien sur le numéro un avec Châteauroux. C'est le club dans lequel j'ai passé le plus de temps, où j'ai le plus joué. Il s'agit de mon club de cur. »

 

PSG70 -. Quels sont vos meilleurs souvenirs avec le PSG ?

 J.A. : « Je n'ai pas de meilleur souvenir en particulier, c'est plutôt l'aventure en elle même. J'en garde de très très bon souvenirs, même dans les périodes difficiles. C'était une époque extraordinaire. Je n'ai vécu que de très belles choses à Paris. »

 

PSG70 -. Et votre plus grand regret ?

J.A. : « Le plus grand regret serait peut être de ne pas être resté deux ou trois ans de plus à Paris. Même si j'ai découvert une autre expérience en tentant ma chance en Italie (à Venise en 2001), je pense que j'aurais du rester un peu plus longtemps au PSG. Disons que si c'était à refaire, j'y resterais plus. »

 

PSG70 -. Avez-vous espéré à un moment de votre carrière pouvoir jouer pour l'équipe de France ? Avez-vous des regrets à ce sujet ?

J.A. : « Des regrets non, mais de toute façon je n'ai jamais été près des bleus. Au moment ou j'aurais pu espérer y entrer, je me suis blessé. Aimé Jacquet alors sélectionneur était venu au Parc voir l'équipe qui caracolait en tête mais malheureusement, cette période a coïncidée avec une blessure. Et puis quand je vois ce qu'a fais l'équipe de France après (Champion du Monde en 1998), je n'ai pas de regrets. C'est la vie. »

 

PSG70-. Comment avez-vous géré le changement de pression entre Châteauroux et le PSG lors de votre arrivée ?

J.A. : « Je n'ai pas eu particulièrement de soucis. Le seul à la limite c'est après, au bout de quelques temps. J'avais acquis le statut d'ancien. Les cadres étaient partis comme Le Guen. Je me suis senti plus ou moins seul dans cette situation. »

 

PSG70 -. De tous les joueurs que vous avez côtoyés au PSG où ailleurs, lequel vous a le plus impressionné sur le plan sportif ou humain?

J.A. : «  Il y en a eu beaucoup, je pense notamment à Rai, Leonardo ou Bernard Lama dans son registre mais pour ma part, je retiendrais plutôt Julio Cesar Dely Valdes avec qui je garde toujours contact. C'était un mec super agréable, on a tout de suite eu un bon feeling même après quand il est partit en Espagne puis au Panama. Il n'a pas eu la chance d'avoir la carrière qu'il méritait au PSG. Il s'est par la suite rattrapé en Espagne. »

 

Et des entraîneurs ?

J.A. : «  Celui qui m'a le plus marqué fut Arsène Wenger à Monaco. Même si j'étais jeune et que je n'ai pas beaucoup joué, il m'a apporté et restera le plus marquant. Et puis quand on voit le parcours qu'il a eu »

 

PSG70 Comment avez-vous ressentit l'après Denisot ?

J.A. : « De toute façon, cela devait bien arriver. Ce que je regrette, c'est plutôt la façon dont c'est arrivé. Ca a été précipité, deux ou trois présidents se sont succédés. Les joueurs et les entraîneurs aussi. Même les supporters n'étaient pas préparés à ce changement brutal. »

 

PSG70 -. Quels souvenirs gardez-vous des supporters du PSG ?

J.A. : « Pour ma part, j'en garde d'excellents souvenirs. Je n'ai jamais eu de problèmes. Sauf une fois où quelques pseudos supporters mécontents étaient venus engueuler certains joueurs à l'entraînement. Je me suis interposé. Mais sinon non, même dans les moments difficiles, j'ai apprécié leur comportement. Je n'ai pas eu à faire aux 0.5% de ceux qui salissent l'image du club. Par ailleurs, j'ai toujours trouvé amusant et judicieux leur façon de manifester avec humour. Mais globalement je pense avoir été apprécié. »

 

PSG70 Peut on encore parler aujourd'hui d'amour du maillot ? Est-ce un mythe ?

J.A. : « La question serait plutôt : «Est ce que les clubs ont l'amour des joueurs ?» Avec les changements réguliers, on peut se poser la question. En Italie, ce n'est pas du tout la même mentalité. Il y a un plus grand respect des anciens. Je pense qu'il convient donc de retourner la question. »

 

PSG70 -. Jimmy, qu'avez-vous fait depuis la fin de votre carrière ?

J.A. : « J'ai terminé l'an dernier à Legnano en Italie puis j'ai mis un terme à ma carrière. Actuellement, je prends du recul sur mes 15 ans de carrière professionnelle, je suis dans une période de transition. Je prends du bon temps pour réfléchir à un projet d'avenir. »

 

PSG70 -. Une reconversion dans le monde du football ?

J.A. : « Je ne sais pas encore s'il s'agira d'un projet dans le football ou non. Pour le moment je pense à vivre le mieux possible avant de me relancer. »

 

PSG70 -. Aimeriez-vous un jour retourner au PSG dans l'encadrement ?

J.A. : « Franchement, si le club juge bon de louer mes services pour telle ou telle tache, pourquoi pas. Il est certain que j'étudierais la proposition avec intérêt. Mais bon, au jour d'aujourd'hui je préfère prendre un temps de réflexion. Il est toujours difficile de passer du poste de joueur a celui de l'encadrement. »

 

PSG70 -. Gardez vous contact avec d'anciens joueurs du PSG ?

J.A. : « Oui bien sur, Vincent Guerin par exemple ou quand je remonte au Parc je vois aussi Alain Roche, ou Joël Le Hir (ancien kiné). J'ai aussi parfois Paul Le Guen et Lionel Letizi au téléphone. Mais il est vrai que ce n'est pas évidant. Tout le monde est à droite ou a gauche en fonction de son actualité. Quand on a l'occasion de se revoir, c'est toujours avec plaisir mais ce n'est jamais régulier, étant sur Toulouse et les autres au Brésil, au Panama ou ailleurs. Mais généralement, il ne faut pas beaucoup de temps pour passer une bonne soirée »

 

Propos recueillis par Maxime Pousset. Merci à Jimmy Algerino pour sa gentillesse et sa disponibilité ainsi qu'aux membres du forum PlanetePSG.com pour leurs questions.